La camomille allemande, une petite fleur aux mille vertus

La camomille allemande

Difficile de déterminer l’origine exacte de la camomille qu’on dit allemande — Matricaria recutita — puisque l’astéracée s’est naturalisée à peu près partout où elle est cultivée soit en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, dans les zones tempérées d’Asie, en Europe et en Afrique du Nord. On sait qu’elle était déjà largement employée dans l’Antiquité. Les Égyptiens la vénéraient et la consacraient au Dieu Soleil. En Arabie, on en faisait une huile à massage. Le médecin pharmacologue et botaniste grec Dioscoride, auteur de De Materia medica, l’utilisait comme plante emménagogue.

Parfois appelée camomille sauvage, petite camomille ou matricaire camomille, c’est cependant la désignation camomille allemande qui est la plus employée en Amérique, sans doute parce que les Allemands en transportaient toujours lors de leur migration sur le continent, conscients qu’ils étaient de ses innombrables vertus.

De multiples propriétés

Les fleurs de camomille allemande bénéficient de propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires, antiseptiques, vulnéraires, carminatives, stomachiques, toniques, digestives, antibactériennes, antivirales, antiulcéreuses, diurétiques, antihistaminiques, antifongiques, analgésiques, diaphorétiques, fébrifuges, emménagogues, oestrogéniques, antioxydantes apaisantes et légèrement sédatives.

En infusion chaude, la camomille favorise le sommeil, calme la toux et soigne les grippes, les rhumes, les bronchites, l’asthme et les rhinites allergiques. Il suffit de mettre une dizaine de fleurs à infuser 10 minutes dans 2 tasses d’eau bouillante et surtout ne pas oublier de couvrir pour que ne s’échappent les huiles essentielles. En bain de vapeur, ces huiles sont bénéfiques pour les muqueuses du nez et des bronches. Pour les enfants, on donnera une infusion plus faible faite de 3 fleurs infusées 5 minutes dans une 1 tasse d’eau et ce 3 fois par jour. L’infusion est également bénéfique pour les coliques du nouveau-né : on lui fera prendre 5 ml (1 c. à thé) d’infusion toutes les 15 minutes alors que la maman pourra se rendre jusqu’à 4 tasses par jour. Antifongique, on peut aussi en badigeonner la langue des nourrissons atteinte de muguet sans oublier les seins de la mère. En jardinage, on traite d’ailleurs la fonte des semis avec une décoction de fleurs de camomille.

L’infusion de camomille apaise les gens stressés, anxieux, nerveux et ceux souffrent de troubles du sommeil. Pour les problèmes digestifs, on suggère de boire une infusion tiède plus concentrée (10 ml ou 2 c. à thé de fleurs par tasse) et plus longuement infusée, ce qui augmente l’amertume et l’effet anti-inflammatoire. La boisson agit alors sur les muqueuses du système digestif, mais également sur toutes les muqueuses de l’organisme. Elle restaure les sécrétions digestives, normalise les mouvements du système digestif et soigne les ulcères d’estomac. On la recommande aussi dans les cas d’irritation de l’intestin, de spasmes gastro-intestinaux, de colites ulcéreuses, de reflux gastriques, de diarrhée et du syndrome du côlon irritable. Très riche en calcium qu’elle aide à assimiler, la plante infusée prévient l’ostéoporose.

Consommée quotidiennement, à raison de 3 tasses par jour pendant plusieurs semaines, l’infusion de camomille soulagera les menstruations douloureuses, l’irritabilité qui y est associée tout comme les troubles digestifs liés au syndrome prémenstruel.

Appliquée en rince, l’infusion de camomille lustre et blondit les cheveux tout en améliorant la santé du cuir chevelu. Je l’emploie pour nettoyer et soigner les yeux enflammés et larmoyants de ma vieille chatte. En application locale, elle atténue l’inflammation des muqueuses. Dans le cas d’hémorroïdes, une infusion concentrée en cataplasme est tout indiquée tout comme des bains de siège ou des bains de vapeur. On complète le traitement en appliquant une crème aux herbes à base de consoude et de camomille.

Des fleurs fraîches de camomille macérées dans une huile douce durant 15 jours donnent une magnifique huile à massage qu’on applique pour la détente, pour atténuer les douleurs articulaires, rhumatismales et arthritiques ainsi que pour soigner les problèmes de peau. L’huile est aussi employée pour traiter les vaginites.

Une culture simple

La camomille se cultive en plein soleil dans un sol léger, sablonneux, pauvre en matières organiques et bien drainé. Appréciant les températures fraîches, on la sème tôt en automne ou tôt au printemps; on peut aussi la multiplier par semis intérieur en avril. Les semences sont minuscules, il faut à peine les enfouir. Elles germeront en une semaine. La camomille se ressème facilement. Une fois établie, elle revient chaque printemps. On transplante les jeunes plants à 25 cm de distance. Ils atteindront de 20 à 50 cm de hauteur.
La camomille est une plante herbacée, annuelle, à tige dressée. Ses délicates feuilles alternes sont divisées en segments linéaires. Membre de la famille des astéracées, elle présente de nombreuses fleurs jaunes tubuleuses au centre de chacun de ses capitules et en bordure, quelques fleurs gainées d’une ligule blanche qu’on nomme pétale.
récolte camomille

Photo: Danièle Laberge

 
On récolte les fleurs lorsqu’elles sont épanouies et que leurs ligules commencent à s’incliner vers le bas. Il importe de les cueillir après deux jours de beau temps, en après-midi. Pour les infusions hivernales, il faut très bien les sécher. Elles comptent 80 % d’eau ainsi que de nombreuses huiles essentielles volatiles. Mieux vaut utiliser un déshydrateur à 35 °C et s’assurer que les fleurs soient sèches jusqu’au centre de l’inflorescence. On peut aussi les sécher sur des clayettes à l’air libre à l’abri de la lumière et de courants d’air. Les conditions ambiantes doivent toutefois être favorables. On reconnait des fleurs de qualité lorsqu’elles dégagent une odeur de miel.
Anny Schneider propose dans son livre Je me soigne avec les plantes sauvages une recette pour préparer une huile ensoleillée à partir de fleurs de camomille séchées.

Huile ensoleillée

 

une fleur de camomille T

250 ml (1 tasse) Huile d’olive vierge biologique
30 g (1 oz) Fleurs de camomille séchées
30 gouttes Huile essentielle de lavande

Placer les fleurs et l’huile dans un bocal hermétique.

Laisser macérer pendant un mois tout en agitant régulièrement.

Filtrer soigneusement, ajouter la lavande.

Cette huile calmante se garde 6 mois.

À utiliser en cas d’irritations mineures de la peau, de douleurs névralgiques et musculaires, de peau sèche et même pour atténuer les rides.

 

Mille mercis à Danièle Laberge pour ses magnifiques photos.

Schneider, Anny. Je me soigne avec les plantes sauvages, Éditions de l’homme, 2011
Bernard, Diane. La santé au rythme des saisons. Biovi, 2005.
Gagnon, Caroline, Lanctôt-Bédard Valérie. Materia medica pour sorcières et sorciers avertis… 2002-2003
Provost, Marie, Jutras, Marie. Compendium. Clef des Champs.
O’Reilly, Moïra. Interaction, contre-indications et complémentarités, plantes-médicaments. L’Herbothèque, 2004.

Par Diane Mackay,
Biologiste, jardinière et herboriste Les Jardins du Grand-Portage

Calendrier des semis

Le calendrier des semis

Il importe de semer au bon moment. De jeunes plants qui stagnent en caissettes perdent une grande partie de leur vigueur et de leur précocité. En respectant la date du semis proposée dans ce calendrier, les plants seront prêts à être transplantés au bon moment sans qu’ils ne subissent d’interruption de croissance.

 

Profondeur

Semer à une profondeur correspondant à trois fois le diamètre de la semence.
De 5 mm pour les petites semences à 3 cm pour les plus grosses.
Un tableau des densités au jardin est aussi disponible! Bon jardinage !

semencesduportage.com/blogue

 

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Bon jardinage !

Du melon de Montréal au melon Oka

Une aventure patrimoiniale

Voilà maintenant 25 ans que je me suis fait semencier et que je constate un intérêt intarissable pour le melon de Montréal, une culture fruitière d’importance au début du siècle dernier sur le flanc sud du Mont-Royal, aujourd’hui l’arrondissement Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce. Le protubérant melon brodé à chair verte et musquée se vendait alors en tranches jusqu’à 1,50 pièce dans les villes de New York et de Boston.
On sait que déjà, à Québec en 1684, les Jésuites produisaient un gros melon au goût de muscade, sans doute l’ancêtre du melon de Montréal. La littérature nous informe aussi que dans les années 1800, les familles Décarie et Groman cultivaient cette souche qu’ils sélectionnaient et amélioraient sur leurs fermes montréalaises. Sa production nécessitait des techniques de forçage reposant sur des couches chaudes à châssis doubles.
Vers 1905, on rapporte que la famille Décarie produisait des fruits pouvant atteindre 12 kg et qui se détaillaient jusqu’à 15 $ la douzaine sur le marché américain, une fortune pour l’époque. À partir de 1920, avec l’étalement urbain, les fermes qui le produisaient furent vendues à des promoteurs immobiliers et petit à petit, la culture du melon mythique fut réduite puis complètement abandonnée.
Heureusement, en 1996, le journaliste de la Gazette Mark Abley, curieux de patrimoine, en retrouva des graines dans une banque de semences du Département de l’agriculture américain en Iowa. C’est Ken Taylor, propriétaire d’une ferme sur L’Île-Perrot qui reçut le mandat de les semer. Une seule graine sur les 200 récupérées a germé, mais le plant qui en fut issu permit de sauver le melon de Montréal de l’extinction. On en trouve certaines années des semences chez des semenciers artisanaux.
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Création du melon Oka

Comme le melon de Montréal était imposant, qu’il résistait mal au transport, que sa culture était complexe, qu’il était friand de chaleur et de temps, on pouvait difficilement le réussir ailleurs que sur l’île de Montréal. C’est un peu pour cette raison que le père Athanase, moine cistercien et directeur de l’Institut agricole d’Oka, le croisa vers 1910 avec le melon américain Banana. Il en résulta un melon brodé à chair orange très parfumée, bien en chair, mais moins corpulent que le melon de Montréal et surtout, moins dépendant des degrés jours pour mûrir ses fruits.
Par une sélection laborieuse des descendants de cet hybride, on réussit à en stabiliser la génétique et en faire un cultivar à pollinisation libre qui pouvait transmettre ses caractères à ses descendants. C’est ainsi que le melon Oka est né. Toutefois, à la fermeture de l’Institut en 1962, le cultivar fut presque perdu. Heureusement, on en retrouva des semences chez un jardinier de L’Île-Bizard ce qui permit de le sauver in extremis. Il fut depuis ce temps établi avec succès dans plusieurs régions du Québec. Je le cultive depuis 25 ans à Saint-Didace en zone 4 b et réussis à en produire des semences.

Techniques de culture

Je sème au début de mai 2 graines par pot de plastique de 8 cm de diamètre dans un terreau constitué de 4 parties de compost mûr pour 6 parties de perlite ou de vermiculite. Lorsque les deux semences germent, au stade des 3 feuilles, je taille au ciseau le moins beau des deux plants. Après un mois de soins attentionnés, je transplante les plants au début de juin aux 1,5 m dans un sol léger, généreusement amendé en compost et bien exposé au soleil.
Le secret consiste à ne pas déranger les racines au moment de la transplantation. Il faut conserver la motte intacte lors de l’opération. Il s’agit de bien humecter le terreau, de compresser la motte à l’aide de ses doigts et de bien la soutenir au moment de la déposer dans la fosse de plantation. Il importe aussi de choisir un emplacement orienté vers le sud et abrité du vent. L’emploi d’un agrotextile le premier mois de croissance protège les jeunes plants des températures nocturnes fraîches ainsi que de la chrysomèle rayée du concombre, le principal ravageur des cucurbitacées. Bien que de nombreux jardiniers pratiquent une taille des plants durant l’été, pour ma part je ne fais que tailler l’extrémité des tiges en août de façon à éliminer les fruits inaptes à mûrir.
Règle générale, on récolte de 4 à 6 fruits de 2 à 3 kg par plant au mois d’août. Sa chair désaltère, ravit et embaume. Parfumée et sucrée, elle se congèle très bien ce qui permet de préparer en hiver d’onctueux sorbets et de séduisants granités.
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Semences de melon Oka produit par Yves Gagnon à Saint-Didace
www.semencesduportage.com

Les semis intérieurs

Pour maximiser la qualité, la résistance et le rendement des cultures, on doit les établir à partir de plants biologiques. Comme de tels plants sont rares et coûteux, il est avantageux de les produire soi-même. En plus d’assurer une meilleure qualité de plants, la démarche permet de choisir ses cultivars. Lire la suite

Pour réussir ses cultures, un choix judicieux des semences s’impose

Pour réussir ses cultures, le sol et la régie revêtent une grande importance, mais il ne faut pas sous-estimer le facteur génétique. Malgré sa petite taille, la semence contient toutes les informations qui définiront la forme de la future plante, sa vigueur, sa sensibilité au parasitisme, sa teneur minérale et sa vitalité.

Il faut donc prêter une attention particulière au choix des cultivars ainsi qu’à la qualité des semences. Mais, dans un premier, le jardinier doit déterminer les espèces qui prendront racine dans le jardin. Lire la suite

Jardins du Grand-Portage

Bienvenue sur notre site Semences du Portage

Catherine Gagnon-Mackay

Je m’appelle Catherine Gagnon-Mackay et je suis fière de vous annoncer que je prends la relève de la mise en marché des semences de l’entreprise familiale Les Jardins du Grand-Portage, créée en 1980 par Yves Gagnon et Diane Mackay !

C’est dorénavant sur mes jeunes épaules que reposent la mise en ligne d’un site internet interactif ainsi que l’ensachage et l’expédition des semences.

Mon équipe, composée de quatre producteurs locaux et moi-même, vous souhaite de fécondes cultures ainsi que d’abondantes récoltes en culture nature.

Prenez plaisir à découvrir notre site et surtout, n’hésitez pas à communiquer avec moi pour toute question !