L'artichaut, une astéracée bien adaptée au climat québécois

L'artichaut, une astéracée bien adaptée au climat québécois

Peu présent dans les jardins québécois, l'artichaut y mériterait pourtant une place de choix, car il dispose de multiples propriétés nutritives et  thérapeutiques et compte parmi les plus belles plantes qui puissent se cultiver sous nos latitudes. Il déploie dans un premier temps de longues feuilles d’un vert grisâtre fortement dentelées puis surgissent des tiges ramifiées formant des capitules violacés qui produisent, une fois ouverts, de magnifiques inflorescences mauves. Ce sont les boutons floraux qu’on récolte et que l’on consomme lorsque les bractées sont encore bien serrées. Une fois cuits de 20 à 25 minutes à la vapeur, le fond dans 2 cm d'eau, on les fait égoutter à l'envers, puis on les assaisonne avec une vinaigrette à la moutarde. En guise de mise en bouche, on en déguste une à une les bractées en les raclant entre les dents puis on en savoure le cœur bien imprégné de vinaigrette.

            Aux 100 g, l’artichaut compte 3 g de protéines, 0,2 g de matières grasses, 12 g de glucides et 51 calories. Il est bien pourvu en vitamines A, B1, B2, B3 et C. Il recèle du calcium, du potassium, du phosphore, du sodium, du magnésium, du fer et du soufre.

L’artichaut est bienfaisant pour le foie. Pour bénéficier au mieux des propriétés médicinales de la plante, on consomme l’eau de cuisson des capitules ou encore on prépare une infusion avec ses bractées ou ses larges feuilles dentelées. L’artichaut est également apéritif, dépuratif, tonique et diurétique. Il contient de la cynarine, qui stimule la production de bile.

            L'artichaut est originaire du bassin méditerranéen, fort probablement d’Afrique du Nord. On rapporte que les Égyptiens, les Grecs et les Romains de l’Antiquité en consommaient déjà le capitule. On sait aussi qu’il était fort prisé en Italie au XVe siècle. L’artichaut fut introduit en France par Catherine de Médicis lorsqu’elle quitta l’Italie pour épouser Henri II, roi de France. De là, il gagna l’Angleterre, la Belgique et le centre de l’Europe. Aujourd’hui, l’artichaut est toujours très apprécié en France et en Italie. Sa consommation gagne peu à peu en popularité en Amérique.

            On cultive commercialement l'artichaut dans des régions à climat tempéré tels le bassin méditerranéen, la Bretagne et la Californie. On l'établit alors pour plusieurs années. Dans les régions septentrionales, on doit le cultiver sur une base annuelle, car il ne survit pas aux hivers rigoureux. On le sème à l'intérieur au début mars et il faut soumettre les plants à un stress par le froid afin de stimuler une floraison dès la première année. Je repique les plants en pots individuels au début d'avril et, dès le début de mai, je les sors à l'extérieur et les expose à de faibles gelées. Les plants y résistent, mais enregistrent l'épreuve qui induira une floraison précoce.

                  On transplante les plants aux mètres dans un sol bien amendé en compost à partir du 15 mai en zone 4, deux semaines plus tôt à Montréal et deux semaines plus tard en Gaspésie. L'entretien de la culture est relativement facile: on contrôle les adventices par binage ou par paillage et les pucerons s'il y a lieu par une vaporisation de savon insecticide.

            Je récolte de 4 à 8 capitules par plant. J'en laisse toutefois quelques-uns s'épanouir afin de profiter du magnifique spectacle qu'offre leur floraison.

            

Yves Gagnon, semencier 

 

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