Urticante, mais bienfaisante ortie

On trouve dans la région maritime du golfe Saint-Laurent plusieurs espèces indigènes d’ortie et occasionnellement des espèces introduites d’Europe dont Urtica dioica. Chez les maraîchers et jardiniers biologiques, l’ortie dioïque occupe une place de choix. En effet, le purin d’ortie est d’une aide incommensurable au potager, car il s’utilise comme fertilisant et contribue à réduire la présence de certains parasites.

Les herboristes suggèrent l’ortie, en infusion ou en teinture, pour améliorer la réponse aux allergènes et soulager les allergies, le rhume des foins et l’asthme. Je ne souffre pas beaucoup d’allergie saisonnière, mais parfois au mois d’août, il me prend une quinte d’éternuements. Je me prépare alors un litre de tisane d’ortie et dès la première tasse, je me sens soulagée et les éternuements s’atténuent puis disparaissent.

Très riche en minéraux et oligoéléments assimilables, dont le magnésium et le fer, on recommande l’ortie pendant la grossesse et l’allaitement et pour traiter les problèmes d’anémie et de fatigue chronique. Légèrement diurétique, l’ortie augmente le flot urinaire dans les cas d’oedème, d’inflammation de la prostate et d’infection urinaire.

Il y a quelques années, quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir un de nos voisins d’origine belge dans notre plate-bande d’ortie dioïque plié en deux se fouettant les bras pour soulager ses douleurs arthritiques! En effet, parce qu’elle facilite l’élimination des toxines et reminéralise, l’ortie soulage les articulations douloureuses.

Son nom latin Urtica signifie brûler et quiconque a déjà pris à mains nues une feuille ou un plant d’ortie comprend l’origine de son nom. L’ortie est munie de poils fins, glanduleux et cassants qui libèrent de l’acide formique, très irritant au simple contact de la peau, ce qui engendre une sensation de brûlure qui rougeoie et réchauffe la peau. Les soldats de Jules César se frottaient le corps avec cette plante herbacée pour se réchauffer lors de leurs campagnes nordiques!

Cette vivace envahissante atteint entre 30 et 60 cm de hauteur. Elle se cultive au soleil ou à mi-ombre dans un sol humide et riche en azote. On peut la semer au printemps ou en fin d’été. On la propage facilement par division à partir d’un plant mère. On transplante aux 30 cm. Les feuilles longues, pétiolées ressemblent à des feuilles de menthe ou de mélisse, mais sont garnies de poils urticants. Ses tiges carrées, érigées et solides se terminent par des grappes de fleurs verdâtres. Parfois au printemps, des chenilles noirâtres envahissent la talle d’ortie et peuvent la décimer en quelques jours. Un traitement au BTK permet de les neutraliser.

Pour profiter au mieux des principes actifs de l’ortie, on cueille les feuilles avant la floraison pour les sécher ou en faire un extrait dans l’alcool ou le vinaigre. Elle contribue à accroître le niveau d’énergie et comme le dit Marie Provost : «Si l’on boit un litre d’infusion d’ortie dans la journée, à la fin d’une grosse journée de travail, le soir, on a encore l’énergie pour faire ses confitures.» Elle ajoute que c’est LA plante qu’elle apporterait sur une île déserte.

Au printemps, les très jeunes feuilles se mangent crues en salade, mais dès qu’elles sont plus avancées, on les utilise cuites dans de nombreuses recettes où elle peut remplacer les épinards.

Diane Mackay offre cet été 3 ateliers sur les plantes médicinales aux Jardins du Grand-Portage.

Pour information, voir sur le site de l’entreprise, l’onglet Nos formations.

Diane Mackay, herboriste et semencière.

Publié sur Covivia.com en 2015

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