L’art du semis direct

Au jardin, de nombreuses espèces sont multipliées par semis intérieur. C’est le cas des espèces tropicales qui, lorsque semées directement au jardin, ne disposent pas d’assez de temps pour mûrir leurs fruits et donner une récolte digne de ce nom; c’est le cas des tomates, des piments, des poivrons et des aubergines. Certaines espèces septentrionales, à cause de leur long temps de croissance, commandent également le semis intérieur. À témoin, le céleri-rave, l’artichaut, le persil, le romarin, la sauge et le thym.
D’autres plantes peuvent être multipliées à la fois par semis intérieur ou par semis direct. Le semis intérieur hâtera la récolte, mais le semis direct permettra tout de même une récolte abondante. Citons les choux pommés, le brocoli, le chou-fleur, la laitue et la chicorée.
Enfin, un bon nombre d’espèces se propagent exclusivement par semis direct, soit parce qu’elles ne tolèrent pas la transplantation ou encore parce qu’un semis en caissettes s’avérerait fastidieux. C’est le cas des cucurbitacées, du maïs, des pois, des haricots, des carottes, des panais et des betteraves.
Parmi les espèces qu’on multiplie par semis direct, certaines sont rustiques, donc résistantes au gel. On peut donc les semer dès que la terre se travaille, soit à partir du début de mai pour la plupart. C’est le cas de quelques verdures dont la roquette, la moutarde, la mâche, la bette à carde, les chicorées, les épinards et les laitues ainsi qu’un éventail de racines dont le navet, le rutabaga, le radis, la betterave, la carotte, le panais et le salsifis. On sème aussi les pois au même moment.
Enfin, parmi les espèces qu’on multiplie par semis direct, restent celles qu’on ne doit établir qu’une fois les risques de gel passés. C’est le cas des cucurbitacées ainsi que des haricots qui ont besoin de chaleur pour germer et qui succomberaient à une exposition au gel.

préparationsol
Pour réussir le semis direct, on doit tout d’abord bien préparer le lit de semences. J’aime semer sur des buttes de 75 à 90 cm de largeur, séparées les unes des autres par des sentiers, ce qui permet de maintenir la structure du sol durant l’ensemble de la saison. Puis à l’aide d’une griffe, je creuse le sillon destiné à recevoir les semences. Comme on doit recouvrir les semences de trois fois leur épaisseur de terre, la profondeur du sillon varie selon le diamètre de la semence.

creuser sillon
Une fois le sillon creusé, j’y dépose les semences selon la densité recommandée.

semis
Puis je recouvre la semence de terre en me servant de la griffe.

recouvrirsemences
Je termine l’opération par un léger plombage que j’effectue à l’aide d’une bêche à renchausser ce qui rétablit la capillarité du sol et favorise une germination optimale, même en conditions sèches.

plombage

Voilà. Le semis direct n’étant plus un secret pour vous, vous pouvez dès maintenant, vous consacrer jardinier. C’est là un merveilleux moyen de réduire son stress, de chasser la morosité et de savourer des fragments de bonheur

Par Yves Gagnon, producteur de semences et propriétaire des Jardins du Grand-Portage

2 réponses
  1. Catherine Gagnon-Mackay
    Catherine Gagnon-Mackay dit :

    Nous suggérons un semis intérieur ici au Québec pour permettre aux tomates d’arriver à maturité dès le mois d’août. Mais un semis direct en terre début juin (passé les gels) n’est pas impossible, à ce moment là je vous suggère un cultivar hâtif. Bon succès !

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